Une nouvelle histoire des couleurs

Pourquoi pas un inventaire des couleurs mondiales par des statistiques sur les couleurs les plus fréquentes dans les cents milles milliards de pixels des fichiers images de tout format.

On pourrait ainsi créer les palettes de l’histoire de l’art, des cultures, des courants artistiques, de la pub, des lithos sur les jouets en métal!

Ça pose bien sûr la question de standardisation de la numérisation, des marges d’erreurs, etc.

Les palettes des grands peintres en fonction de leurs couleurs préférées, mesurées en relation avec la grandeur de la toile, de la résolution du fichier, etc. Il n’y a certainement pas de vert fluo dans aucune toile de Rembrant…

On pourrait tracer une sorte d’histoire de la bourse des couleurs: le brun des années 60, le jaune et rouge dans la culture populaire des années 1920-30, etc. Il y a aussi, pour l’époque de l’impression couleur, les catalogues, les échantillons de couleur, de peinture, de tissu, etc., mis en relation avec le marché international des pigments…

Ou suivre l’évolution des couleurs chez un peintre, chez Picasso, la période bleue, comme exemple qui n’a pas besoin du numérique, ou les bruns-beiges de cubistes.
On pourrait trouver des peintres aux antipodes stylistiquement, mais aux palettes de couleurs des plus semblables.

Dans ce genre d’étude généraliste, la difficulté est de trouver quelque chose qui ne soit pas évident, c’est-à-dire quelque chose qu’on ne voit spontanément sans aucun soutien technologique. Tellement de recherches « scientifiques » nous apprennent ce qu’on sait déjà et ne réussissent qu’à quantifier la chose ou le phénomène étudié.

Wikipédia et Facebook

Comment croiser ces deux grosses patentes, 2 des « Top Five » des sites les plus consultés au monde? Faire en sorte que les qualités de l’une serve à l’autre, et que les défauts-limites de l’autre ne nuise pas à la première?

1) Wikipédia:
– membres-rédacteurs participent directement autant qu’ils le veulent
– curieusement, à l’ère du web 2.0, aucun module n’est offert aux lecteurs pour donner les opinions-commentaires sur le contenu des articles: ils doivent le faire ailleurs, sur leurs blogues, leurs forums.
– un problème de fond: comment maintenir l’objectivité et l’exactitude des informations (même si Wiki est souvent -exagérément – critiqué à ce chapitre) et permettre-favoriser la liberté de parole? Il pourrait y avoir un WikiTalk dont le rôle serait de regrouper les discussions et commentaires des lecteurs sur les articles. Si Wikipedia s’engageait à développer un un réseau de modérateurs responsables de la bonne tenue minimum des débats, elle n’en sortira pas vivante! Un des principes essentielles des bibliothèques et des ouvrages de références, c’est de donner l’information aux personnes qui les cherchent, à condition qu’ils exercent leur droit de parole ailleurs que dans la bibliothèque ou Wikipedia. Tout le monde peut penser, dire ou écrire tout ce qu’il veut des livres et des articles qu’il consulte: mais il doit « sortir » de la bibliothèque ou de Wikipedia pour le faire.
Une solution pourrait être une application qui permet à tous les usagers de Wikipedia d’ouvrir une fenêtre de formulaire pour écrire son commentaire sur le contenu de l’article, MAIS son commentaire serait publié ailleurs, où il le veut: son compte Facebook, un blogue, même Twitter si cela a moins de 140 caractères… Le « Partage » se fait ailleurs, à l’extérieur de Wikipedia qui ne peut devenir un lieu débat sans être menacer dans son existence même. Une bibliothèque, ce n’est pas pas une place publique.

– le contenu de Wikipedia est présenté dans des interfaces plutôt ternes, avec la nouvelle infographie propulsée par le Ipad et les autres tablettes, Wikipedia devra rendre son contenu exportable-consultable aussi pour ses plate-formes.

2) Facebook
– millions de profils créés par des contemporains pour d’autres aussi contemporains qu’eux
– contenu subjectifs centrés sur le développement de réseau de sociabilité

Wikipédia: une rédaction et des réseaux collaborateurs uniques dans l’histoire qui écrivent sur d’autres choses qu’eux- mêmes, des textes lus par des millions de lecteurs qui viennent aussi pour lire sur d’autres sujets qu’eux-mêmes, mais dans un emballage qui ressemble à une encyclopédie traditionnelle;

Facebook: un réseau de personnes vivantes qui parlent d’elles-mêmes à d’autres facebookiens venus pour les connaître et parler d’eux à leur tour, cependant dans un interface interactif drôlement plus évolutif que Wikipédia.

Lequel des deux sites aux fréquentations multi-millionnaires représente-t-il le mieux la culture d’Internet? Parlez de soi ou d’autres choses? « Frivole » ou sérieux?
C’est en particulier sur la manière dont sont présentées les informations sur un individu (réel, historique, fictif) que les différences sont les plus manifestes.

Dans Wiki, c’est du plus conventionnel: on est dans un dictionnaire des noms propres traditionnels. Les hyperliens fonctionnent comme lorsqu’on cherche un autre mot dans un dictionnaire: cliquer, c’est plus rapide que de tourner les pages, mais ça mène au même résultat.

Dans Facebook, c’est tout autre chose. Les infos sont distribuées dans un formulaire complexe, subdivisées en plusieurs rubrique, les différents modules qu’un abonné ajoute à son profil s’intègrent à son profil principal décrit dans la base de données centrale. Surtout, les liens avec les autres usagers multiplient les informations sur l’usager: 1) on connaît ses amis, et connaître les amis de quelqu’un, c’est mieux le connaître, et connaître les amis des amis de l’ami qui connaît les amis des amis d’un son meilleur ami permet de mieux le connaître.

Dans le domaine « biographique », la fusion de Facebook et Wiki mènerait à la création d’un FaceWiki ou d’un WikiFace où les informations encyclopédique sur les personnes, historiques ou fictives, seraient présentées dans l’interface des profils individuels de Facebook, dévelopée par une équipe de collaborateurs. Les réseaux de socialité que permettent de construire Facebook ne seraient donc plus réservés aux jeunes contemporains, mais étendus aux personnages historiques et fictifs. Dans ce domaine, Facebook offre une application beaucoup plus souple et sophistiquée que Wikipédia pour situer un personnage dans un et des réseaux sociaux. Écrire un article dans Wiki exige un apprentissage, une certaine pratique. On pourrait créer des profils mixtes pour profiter des qualités des deux sites.

Pour voir ce que ça pourrait donner, l’imaginer pour un groupe limité. Un exemple serait de transposer le Dictionnaire biographique du Canada dans le modèle de Facebook. Les articles du DBC sont encyclopédiques, rigoureux et font autorité. Un DBCbook offrirait exactement la même qualité d’infos mais affichées différemment, avec l’article intégral complet toujours disponible. Il s’agirait de prévoir des espaces de rédaction où les lecteurs pourraient ajouter des infos (sans modifier celles du DBC), donner leurs commentaires, etc. Mais ils pourraient y avoir une application où ils peuvent ajouter des liens vers d’autres « amis » pour un profil déterminé, des liens vers Internet…
L’optique est de penser de moyens technologiques pour transférer des connaissances présentées sous forme traditionnelle (le DBC) vers les modes de publication du web 2.0 sans altérer la qualité de l’information.