Données au futur 1

Café dépôt, 29 juin 2011, 21 hrs (carnets 1, pages 91-94)

Photo de Wiliam Jackson assis devant sa montagne d’archives de la Rébellion de Rie: histoire de la perte de l’information brûlée, perdue, détruite.

Montrer que la structuration des données mène au récit, à la narration.

Watson, le plus gros et puissant ordi d’IBM, a vaincu deux humains à un jeu télévisé: quel exploit! Quand on prend du recul, on réalise comment les prouesses des ordis demeurent très, très, loin de l’intelligence humaine qui les a conçus: est-il possible pour un être, un système, un outil d’inventer ou de créer une version supérieure à celle qui l’a inventé?

Bakthine: le roman est la maîtrise progressive des données spatiaux-temporelles dans le récit réaliste européen: des siècle d’évolution pour arriver à Balzac dont les romans structurent sémantiquement des milliers de données de toutes sortes (ses années de formation et de lecture intensives à la BNF avant d’entreprendre la Comédie humaine; Flaubert, et sa préparation pour Bouvard et Pécuchet; Melville, et son encyclopédie de cétacélogie; Pérec et la Vie d’emploi de la vie; Calvino et la cybernétique…)

Déconstruire une phrase et la reconstruire à partir des données démontées: données de la perception, du langage, des modèles rhétoriques, poétique
a) poème en vers? comment pourrait-on le considérer comme un ensemble de données un-structured???
– phonétique, règle de versification, codes pour structurer les éléments verbaux.

Présentation: révit – conte d’organisation des données!
S. Kubrik, dans 2001: au début, imaginer les singes avec un bloc de Tweeter-Facebook (ou Google Circles: structure qui n’est pas dérivée de l’observation des échanges linguistiques, d’informations, de documents, dans un ensemble de groupes composés de X membres: ce sont des systèmes de relations sociales formalisées dans des structures élaborées à partir des modèles des bases de données et non à partir d’une formalisation de ces relations après en avoir observé la dynamique et l’évolution. C’est une démarche inductive – pas déductive – qui impose son mode de fonctionnement au lieu de mimer les réseaux d’échanges interpersonnelles. Aucun a greffé, par exemple, la structure des données généalogiques. Chaque groupe (famille, travail, école, amis) établit les voies par laquelle l’information circule. L’armée, par exemple, a un écosystème hiérarchique très puissant. Relire L’Ordre du discours de Foucault: les discours ne sont pas libres même si Internet bouleverse totalement les anciens réseaux hiérarchiques. Ajouter au moment de la transcription: devrait aller en note ou en commentaire: peut-on le fixer en un point défini d’un texte?) qui émet le premier tweet, repris par le singe alpha, jusqu’à ce énoncé-anomatopée deviennent 10-1000 (un google) la totalité des données textuelles d’aujourd’hui. Combien d’énoncés humains on été échangés depuis l’apparition du langage?!

Histoire des emprunts linguistiques: liés au commerce, aux moyens de transports, de médias: Nouveau Monde, comme rencontre de deux Anciens Mondes (D. Vaugeois, lors d’une conférence à Pointe-à-Callières). [92]

Partir d’un nuage de données sans fin. S’inspirer de « Puissance of ten », le film d’IBM pour arriver au récit de ce couple et de leur enfant. Déconstruire – reconstruire en numérique, par extraction les données totales de leur génotype-phénotype, pour les relier, les lier une deuxième fois.

R A C O N T E R
faire surgir, le récit du chaos des données, des faits (Qu’est-ce qu’un fait – small datas?)

Jacques Ferron est comme un territoire de données narrativisées: une chaîne d’extractions (index) / observation / transformation de l’observation en données: instrument de mesure correspondant à la matière du fait à mesurer / archives.
Inventer des appareils qui extrait des données bizarres: rayons N(umérique): X vers N (faire glisser les 2 diagonales du X pour qu’elles forment un N), comme une formule d’algèbre: X x NNN = du X fois du N => H(istoire) / R(écit) / O(bservation) / S(émantique) / D(iscours)

(Penser à Paul Otlet et sa conception élargie du Livre au début de son Traîté de la documentation)

Inventaire des archives / tiroir de données
Taxonomie: ordre -classement: relier des données
Métaphores:
– cuisine: bouillon primitif de données -> éclair, rayon numérique qui crée les données animées (soupe primitive): expérience de Faraday? Faire un pastiche d’une expérience scientifique, comme l’affair Brunswick -> s’inspirer du schéma qui montre comment les rayons secrets de la télévision modifie les perceptions de téléspectateurs.

Exposition numérique 4: Montréal

Montréal 2017 – Expo 67-2017

Exposition numérique de 375 jours, 375 événements, 375 expositions, 375 villes ou thèmes.
– projet inter-villes, thématiques, comme les pavillons thématiques.
– reprendre la liste des pavillons de l’Expo 67, et en faire une traduction-adaptation pour 2017.

– organiser la mémoire des Montréalais: fournir les données, informations et documents pour proposer une structure où les gens viennent par la suite ajouter leurs archives et souvenirs.

– projet d’archives virtuelles d’Expo 67: à partir d’un territoire 3-D du site, concevoir une application où les gens viennent contribuer: photos, souvenirs, textes, etc. Application utile par la suite à la création d’autres territoires virtuels. Même une application à développer avec d’autres villes: chacune aurait un événement-phare de son histoire pour lequel elle aurait recueilli-organisé les archives de ses habitants. Ex.: la Libération de Paris, l’Armistice, d’autres expositions universelles (Mundanéum…), Jeux Olympiques, Chute du Mur etc. 1) événements du passé, sans témoins du passé vivant 2) événements du XXe siècle pour lequel l’essentiel de la documentation proviendrait des témoins directs toujours vivants.

En ce moment, c’est ce qui manque: des outils d’organisation, d’indexation, des assistants archivistes automatisés intelligents. Des bibliothécaires diffuseurs de savoirs documentaires et de gestion d’informations.

Exposition numérique 3

Après Malraux, on peut imaginer aujourd’hui un Musée imaginaire en temps-réel, un peu comme le fait Flickr en publiant en temps réel les dernières photos mises en lignes par les usagers.

Le numérique a l’avantage aussi de permettre de dépasser les contraintes matérielles du format de l’imprimé. Pour les oeuvres d’art, architecture, lieu, en fait pour tous les objets plus petits que le livre, l’imprimé rapetisse, parfois dans des proportions immenses. Comme si pour tous ces objets, le livre était une carte avec une échelle: on peut imaginer calculer l’échelle de reproduction des images, comme en cartographie. La place Saint-Pierre sur une carte postale, cela a quelle échelle? Pour les images, le numérique permet de changer d’échelle, mais à partir du moment où l’objet représenté est plus grand que l’écran ou le livre, sa représentation devient une miniaturisation.

L’imprimé ou le Monde miniaturisé: 1) avantage du livre qui rend la culture et la connaissance portative et accessible 2) limite du livre pour une expérience plus entière, plus complète avec les objets originaux. Le succès d’Imax ne s’explique pas autrement: par l’agrandissement de petits objets, mais aussi par la possibilité d’adopter une échelle de représentation plus près des dimensions des objets représentés.

Donc, le numérique rend possible la création de « livres géants« , totalement surdimensionnés, comme l’a bien montré le Moulin à images de Lepage, à Québec. L’affichage commerciale a compris depuis longtemps la puissance évocatrice et visuelle des grands formats.

Institution nouvelle pour la nouvelle loi du Patrimoine

La mémoire est maintenant un chantier (elle n’est plus une donnée, Fernand Dumont

Pour souligner l’adoption de la nouvelle loi du Patrimoine (2012), poser un geste symbolique, pour marquer l’entrée de la protection et de la diffusion de la mémoire dans une ère nouvelle de connaissance. Comme les musées, les bibliothèques publiques ont marqué des étapes essentielles de la conservation et la diffusion de la culture, des institutions nouvelles sont nécessaires pour correspondre aux nouveaux médias numériques.

Plus on conserve, plus le pourcentage des choses conservées ET diffusées ou accessibles diminuent! Une part de plus en petite des documents et objets diffusés est (réellement) accessible, consultable, exposée.

Les Grands Numériques, explorateurs du Nouveau Nouveau Monde

L’agrandissement des musées ne concerne que l’exposition dans des salles réelles, mais pas une extension de leur espace d’exposition virtuelle.

Accompagner l’adoptation de la Loi d’un geste important: l’annonce de la création d’une insitution nouvelle pour diffuser les ressources numériques dans un horizon de 2017, comme contribution du Québec au 375e de Montréal: institution nationale. Ouvrir un chantier de la mémoire et du présent pour concevoir, élaborer et créer une institution de type nouveau qui sera ouvert en 2017, numérique.

Concours international d’architecture numérique: institution multimédia

Les États doivent créer de nouvelles institutions culturelles pour exploiter les vastes programmes de numérisation qu’ils financent:
– imprimés, archives, cinéma, images, sons, musée, sites, données, informations
– le Musée imaginaire de Malraux était fondé sur la photographie
– réflexion sur la création d’une librairie numérique aux États-Unis: quel contenu?
– tout va vers le mobile et la consommation, diffusion individuelle sur de petits appareils, des supports portatifs où la communication prend le dessus sur les contenus
– l’utilisation des écrans s’est élargie à la diffusion des données, des informations, de tous types de documents: on y crée autant qu’on lit, regarde, écoute, recherche.

– diffuser le parcours de grands chercheurs, comme les Grands Explorateurs

Première exposition numérique universelle: les villes dans la culture

Small is (not always) beautiful

La culture à Lilliput

Papa, Apple a rapetissé la culture

16 x 9, et le 5 x 7 , à peine plus grand qu’une fiche bibliographique!

Les lieux communs de diffusion doivent ajouter à l’expérience collective: événements culturels partagés, en temps réel / temps personnel?

Tous les imprimés sont plus grands que le Ipad! Journaux, revues, affiches, etc. Tous sera de la grandeur d’un Kindle et d’un Ipad, toutes les peintures, toutes

Dans le monde du cinéma, la techno permet d’agrandir l’expérience (grands écrans) pour la rapprocher de la diffusion optimale offert par les cinémas. Mais il n’y pas de bibliothèque maison! L’imprimé rapetisse dans le numérique: format, qualité, etc. Un IPod ne contient pas de petits 33 tours.

Comment mettre en valeur la richesse documentaire rendue accessible à travers les importants programmes de numérisation entrepris par les institutions (bibliothèques, musées, etc.)? En ce moment, on augmente l’offre tellement que la performance de la recherche, la capacité d’exploiter et de mise en valeur des contenus diminuent… D’un côté, les entreprises privées développent, innovent et créent de nouveaux supports, de nouveaux interfaces et mode de consultation/édition ; de l’autre, les institutions mettent en ligne des millions de textes, images et contenus sonores. Comment utiliser les premiers pour diffuser les seconds?

Penser une institution nouvelle, un macro-support (un macro Ipad) pour diffuser tout ça. S’il y avait un Ipad grand comme un écran Imax, pourvu des mêmes fonctionnalités pour une projection collective, quel produit / oeuvre/ production les créateurs de tous horizons pourraient-ils créer? On peut imaginer un outil pour produire autant de Moulin à Images qu’il y aurait des commmissaires (curateurs).

Diffuser des parcours de recherches, de découvertes, des oeuvres multimédias imaginaires, délocalisés…

Chaîne de diffusion des collections numériques mondiales?

Une bibliothèque, un musée, un centre d’archives, sont toujours une sélection.

Espace.mu à Radio-Canada

À la toute fin, on indique que ce service d’écoute sera « gratuit »… pour l’usager, oui, mais quel est le modèle d’affaires derrière ce service de diffusion 24 hrs? Est-ce que Radio-Canada a conclu des ententes particulières avec les ayants droits (producteur, diffuseur, artistes)? Le versement des droits d’auteurs se fait-il à travers le système de calcul des redevances actuel? Si Radio-Canada paye selon le nombre de pièces écoutées, la durée, etc., quel budget est-il prévu pour ce faire? Ce n’est certainement pas un budget illimité. Si tous les francophones de la planète se branchaient à Espace.mu 12 hrs par jour, est-ce que Radio-Canada pourrait payer la facture? Y a-t-il des données publiques sur le financement de ce projet et sa structure de financement? Y aura-t-il de la publicité audio, sur le site, etc.?

Travaux d’inventaires

Les années soixante ont été l’époque des grands travaux d’inventaires bibliographiques, d’outils de référence, d’index, de répertoire, en littérature et culture québécoise (histoire, sciences humaines, et amateurs – X13, Comics, Pagé – Legris, Verroneau, les périodiques, photographies- Montréal, etc.). Même BAnQ ne publie plus de travaux scientifiques: externaliser (SDM, etc.) La qualité de la référence pour les publications contemporaines est tellement supérieur aux outils pour chercher dans les corpus antérieurs, que cela représente une régression: ex. de l’index de Voix et images, et d’autres. Montrer la supériorité des anciennes biblio – sur le plan méthodologique – sur les bases de données et la recherche plein texte, complètement désarticulée, et qui doit être supporté par des outils d’extraction de données: Ferron)
Véritables travaux archéologiques dans des magasins de journaux poussiéreux, des kilomètres de microfilsm, de mauvaises photocopies, ce travail élémentaire pour construire des outils pour la recherche a été fait des chercheurs rigoureux, méthodiques, disciplinés, patients. Ceux qui ont fait ces travaux disparaissent aujourd’hui, les uns après les autres: René Dionne, Tourangeau, Hamel, Wycsinski, etc. À l’âge de base de données, de Google, de la numérisation de la recherche plein texte, leurs travaux sont de moins consultés, et plus personne ne semble en produire, comme si les NTIC avaient remplacer la travail du bibliographe, de l’indexeur, etc.
Dans leur travaux, il y a savoir-faire, une expertise, une rigueur, une méthodolgie contraignante, que peut de nouveaux chercheurs auraient la patience de reprendre. Comblés, étourdis, par le nombre de résultats, on croit tout savoir et ne plus avoir à consulter leur travaux. Érudit, collections numériques, etc. semble annoncer la disparition de ces grands travaux d’inventaires, de description méthodique. C’est tout le contraire: l’organisation et la description systématique de l’informations et des données culturelles sont encore plus essentielles compte tenu de la quantité exponentielle des données auxquelle nous avons maintenant accès.
Où en est la recherche bibliographique aujourd’hui? Comment récupérer, à travers la numérisation de leur travaux, le travail de ces chercheurs. COmment chercher aujourd’hui? Que trouver, pour faire quoi, décrire quoi?

ON recommence le travail, on perd l

– bilan hommage: méthodologie, reverse-bibliographie…
– nouvelles technologies de recherche, d’extraction, d’organisation, de classement, de description, etc.

– mise en commun, collaboration, partage des données, open datas: nouvelle culture de la recherche.