Nombre de livres par bibliothèque publique au Canada en 1891

Cette carte est une visualisation de données de l’Atlas historique du Canada. On y trouve aussi toutes les informations pertinentes sur l’origine des données, la méthodologie, etc.

  https://www.google.com/fusiontables/embedviz?viz=MAP&q=select+col2+from+1CvZ2ZvOnkIecFJlvHtqCkGsp7qDQqpJLyR_hhig&h=false&lat=44.25306865928177&lng=-79.00466121562499&z=6&t=1&l=col2

Ce projet de l’Atlas historique du Canada a entrepris de mettre en ligne les données contenues dans l’édition imprimée parue en trois tomes aux Presses de l’Université de Montréal. On y trouve une visualisation et une carte beaucoup plus sophistiquée de ces mêmes données.

On peut faire aussi de multiples sélections. L’utilisation demande des connaissances avancées en histoire et en statistiques. C’est pourquoi une application réalisée avec Google Fusion Tables est sans doute plus accessible aux étudiants des collèges. Il suffit d’importer le fichier Excell que l’on trouve sur le site de l’Atlas.

Ensuite, on utilise la fonction « geocode » de Google, puis Visualize/Map. Il y a quelques paramètres que l’on peut modifier, comme utiliser un icone différent selon le nombre de livres par bibliothèques. On obtient ensuite un lien pour l’intégrer dans un page web. Dans Fusion Tables, la visualisation est synchronisée à la feuille de données, donc on peut être plusieurs à la partager et à voir, en temps réel, l’avancement du travail collectif.

Chronologie des commerces du boulevard Saint-Laurent

Chronologie des Nuits de la Main:

var timeline_config = {font: ‘Merriweather-NewsCycle’,maptype: ‘toner’,source: ‘https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AnsH41xIGs6xdEh6VjNuUTFJblFCUFZndWU1bkRuMXc&output=html’}http://veritetimeline.appspot.com/latest/timeline-embed.js https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AnsH41xIGs6xdEh6VjNuUTFJblFCUFZndWU1bkRuMXc&output=html https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AnsH41xIGs6xdE4zWE16Wk1nNkJEbDhxSEQ0SDZydEE&output=html

De l’imprimé aux données ouvertes

Avec ma formation en lettres, je suis venu lentement à l’univers des données par l’établissement d’un index des noms propres dans les œuvres de l’écrivain Jacques Ferron : 12 000 noms, 1 200 textes. J’ai donc entré les 42 000 occurrences, une à la fois, sur mon premier ordi à écran monochrome (sans souris!) et le logiciel DBASE III+. C’était jusque-là un index ordinaire.
Quand j’ai classé les noms dans 20 catégories et que je les ai liées aux données bibliographiques (date, éditeur, collection), j’ai réalisé que je venais de construire une base de données. Au fil des ans avec des amis, j’ai ajouté des données sur : la correspondance, la critique, les manuscrits, la bibliothèque de Ferron, puis des liens internet, etc. J’ai dû numériser des livres, transférer une bibliographie dans une base de données (je vous passe les détails!), créer des relations entre les différents sous-ensembles de données. Voilà 2-3 ans, j’ai appris que je faisais depuis 15 ans de l’extraction d’entitées nommées! Ça donne le module de « Recherche globale » de l’HyperFerron que vous pouvez consulter ici (l’interface de recherche est bien vieilli).
Le passage des informations imprimées à la base de données numérique m’a permis de consulter autrement l’œuvre de Ferron, de me poser de nouvelles questions, de découvrir de nombreux aspects dont je ne pouvais même pas soupçonner l’existence. Pour moi, les données ouvertes, c’est d’abord ça : la séparation des données de leur support fixe sur papier. Tout devient malléable, ouvert aux échanges, aux tris multiples, à des modes de diffusion et de visualisations variées. Je suis donc venu aux données ouvertes par la pratique.
Peu à peu, j’ai essayé d’utiliser des outils et des plateformes en ligne pour mieux exploiter mes données.
1) 2 000 noms de lieux mentionnés par Ferron : a) enregistrer le fichier de données en csv, b) géocoder (ajouter longitude et latitude); 3) importer dans Google Doc; 4) utiliser le plug-in conçu pour les géolocaliser sur une carte! Avec 1 600 noms, le résultat est un peu long à s’afficher, mais ça marche :
2) places de spectacles du boulevard Saint-Laurent : a) numérisation du répertoire A.-G. Bourasse et J.-M. Larrue b) ocr, Word, base de données, ajout de catégorie c) fichier csv, géocodage, importation dans GoogleFusion Tables
d) plug-in pour créer des fichiers kzm pour l’afficher dans Google Earth.
La transformation des informations imprimées en données numériques transforment complètement la vision et la compréhension que l’on pouvait avoir de ce répertoire. On apprécie encore mieux le travail minutieux des deux historiens.
Pour continuer ce projet? Ajouter aux lieux de spectacles des informations sur les artistes, des photos, des extraits sonores, visuels, des extraits de la presse, de la radio, de la littérature, les commentaires des historiens, et laisser les gens ajouter leur propres souvenirs et documents qu’ils ont sur la Main de Montréal.

Le Titanic et l’iceberg du real time

La visibilité du Titanic dans les médias ces jours-ci me donnerait le goût de pirater le Web… si j’avais les compétences d’un super-méga geek. 

Cela m’a inspiré cette divagation historique sur le thème poétique du jour: le naufrage de l’arrogance technologique dans l’océan incertain du futur!
Depuis hier, aujourd’hui, pour quelques jours encore, la célébrité de l’accident maritime du Titanic fait en sorte que le cours normal de l’actualité est légèrement dévié vers les eaux glacées de l’Atlantique Nord en 1912. Des nouvelles du jour sont maintenant celles des jours vieux de 100 ans parce que des informations  titanisques [sic] sont diffusées puis reprises des centaines, des milliers et des milliers de fois dans les médias sociaux et officiels. 
Une hypothèse qui divague

Si 1 000 faits historiques, 100 000 ou même 1 000 000 de faits anciens étaient ainsi re-diffusés dans le Web avec la même amplitude, fréquence et duplication, avec la même frénésie de remixage et de re-twitts, est-ce qu’on pourrait fléchir, détourner de l’actualité 10, 15, 25% des contenus mis en ligne? À la limite, pourrait-on faire croire un moment à des gens qui ouvrent leur plate-forme d’aggrégation de nouvelles qu’elles ont voyagé dans le temps durant leur sommeil et qu’elles reçoivent maintenant, en avril 2012, des nouvelles vieilles de 100, 200 ans?
De quelle manière serait-il possible de construire, secrètement, un gigantesque iceberg de données historiques? Ce pourrait être une sorte de réincarnation pôlenordesque de Moby Dick, l’agglomération de toutes les données imprimées dans l’ère pré-web. Gavé de krill d’informations oubliées, on le ferait dériver lentement dans le fil des réseaux sociaux, en real time de 2012, pour que le cours de l’actualité soit dévié de sa course, pour qu’il se défile à l’envers, à rebours de sa direction normale.
Orson Welles a fait croire aux New-Yorkais que les extraterrestres les envahissaient. Pourquoi ne pourrait-on pas (nous) faire croire que nous sommes à une autre époque? 
J’imagine des armées de chevaux de Troie installés sur des milliers et des milliers d’appareils numériques, sur des blogues, des comptes Twitter, Flickr, Gmail, Facebook, Youtube, Itunes (imaginons des comptes « amis » préprogrammés, synchronisés et interconnectés, clandestins, pour écouter et visionner telle ou telle oeuvre ancienne!) qui, au moment prévu, diffusent des millions de données historiques.
Un complot pour faire couler le Titanic du real time dans les abysses de l’Histoire
(c’est un élément poétique de la divagation!).
Je perds le Nord, et le présent, c’est sûr. Mais l’idée m’est venue en pensant aux énormes trous noirs qui auraient une force gravitationnelle si grande qu’ils pourraient faire dévier, fléchir le trajet de la lumière. 
Toutes les informations, documents et données anciennes que l’on met aujourd’hui en ligne sont comme des trous noirs au milieu Web. C’est la matière sombre de l’univers numérique. Déposée dans les bases de données du web invisible, hors de la chronologie du Web née à peine voilà 25 ans, la mémoire des sociétés et des cultures passées reste dans les oubliettes. On ne sent pas ni sa présence ni son poids: la dématérialisation numérique a plombé la continuité entre hier et maintenant.

Comment donner aux archives de la mémoire humaine une présence réelle, en real time, pour qu’elle apparaisse autrement qu’à l’occasion de la recherche de quelqu’un dans une base de données, ou lors de la consultation d’un site?

Facebook, Google+ et l’environnement Apple, on ne peut pas y échapper: ils sont toujours et tout le temps là.

Pourtant, si on pense au nombre et à la valeur des énoncés qu’il contient, l’univers total des livres et des imprimés (avant 1990) représente un réseau socio-culturel aussi important que les réseaux actuels. On pourrait discuter de la taille de chacun d’eux, mais celui de la mémoire historique est des milliers de fois plus riche et complexe que ce qu’on peut en voir aujourd’hui dans le Web. 

Comme le fatidique iceberg du Titanic s’était formé par l’accumulation de minuscules cristaux de glace, jusqu’à pouvoir couler le plus gros paquebot de l’époque, pourquoi ne pas concevoir un iceberg de données pour déchirer la surface de l’infini présent et nous montrer que nous voguons au-dessus des fosses, des heurs et malheurs de l’Histoire.
C’était mon petit iceberg à la mer, numérique.
Bon voyage!
Et joyeux naufrage!

Ma bibliothèque portative

Dans le cadre du Colloque scientifique international sur les TIC en éducation, je présenterai une communication sur une éventuelle « bibliothèque personnelle portative » qui pourrait accompagner l’élève, de la maternelle à l’université (!). En voici le résumé:

La bibliothèque d’un établissement scolaire est aujourd’hui une seule des innombrables sources d’information, de documentation, de recherche et de lecture que professeurs, élèves et parents consultent pour enseigner et apprendre. Les manuels et les documents pédagogiques sont eux aussi entourés d’un univers de savoirs et de connaissances presque infini. De nouveaux supports et applications changent profondément le mode d’accès à ces ressources, leur utilisation en classe, que ce soit par le professeur ou les élèves.
À partir d’exemples tirés du domaine de l’histoire en particulier, « Ma bibliothèque portative » propose une réflexion sur la sélection, l’organisation et l’utilisation des ressources documentaires numériques dans un cadre pédagogique. C’est aussi la proposition d’une plateforme évolutive pour permettre aux élèves de se constituer une bibliothèque de connaissances adaptée à leur niveau d’études. Ce projet s’inscrit dans une recherche sur les outils de curation de contenu, de lecture, d’annotation, de recherche et d’édition collaboratives.

Je vais publier sur ce blogue mes réflexions à ce sujet. Si vous avez des idées, des commentaires, des suggestions, ajoutez-les, je les lirai avec plaisir.

Univers numérique parallèle

Les jeux numériques sont remplis d’univers parallèles, d’espace-temps fictifs.
Comment la communication entre les acteurs et les personnages de ces mondes se fait-elle?
Entre les participants?

Je ne sais pas si quelqu’un a tenté d’inventer un jeu avec un réseau social comme Facebook (ou centré sur un tel réseau) pour permettre à des personnages fictifs d’établir des relations entre eux, indépendamment ou non des joueurs. Des personnages aux profils pré-programmés pourraient émettre et répondre à des actes de communication pour interagir avec les joueurs et leurs avatars. Mais ceci dans un environnement historique, fondé sur des données réelles. On pourrait ainsi faire des simulations historiques, rejouer des événements en variant les paramètres des acteurs historiques et de leurs décisions.

Comment représenter la communication humaine dans un univers-jeu virtuel?
Les plateformes de réseaux sociaux peuvent-elles devenir des plateformes de communication historique?

Si on prenait les profils réels de 100 abonnés de Facebook et qu’on leur appliquait une permutation spatio-temporelle en changeant d’une valeur égale les paramètres de leur profil: date de naissance, études, amis, parents, spectacles, etc. Si on reculait tous ces profils de 100 ans en Russie pré-révolutionnaire? Qu’est-ce que cela donnerait comme expérimentation historique?

Ce serait comme un « virus » historique qui pirate des profils et modifient les données socio-bio-sociales réelles. Comme dans les récits de voyages dans le temps où les « voyageurs » ne savent pas dans quel lieu ni époque ils sont arrivés.

Un web composé d’espace-temps

Placard, 20 février 2012


Appel de projets autour de Google+ et Montréal : idée soumise: 375xMontréal

Dans la perspective du 375e anniversaire de Montréal en 2017 (et du 150e du Canada et du 50e d’Expo 67), ce projet propose de créer rétroactivement le réseau des habitants de la ville depuis sa fondation. Il utilise à grande échelle la création des « pages » dans Google+, et explore la possibilité de créer des profils antidatés. Exploitant le patrimoine numérisé, ce projet veut offrir à tous les Montréalais leur histoire, augmentée par la connection de leur réseau Google+ avec leurs concitoyens du passé, loitain ou récent.

L’idée centrale est d’explorer les possibilités d’utiliser Google+ pour re-créer d’anciens réseaux sociaux à partir des informations extraites de la documentation historique. La difficulté est de pouvoir dater rétrospectivement les profils, les envois et les activités de personnes qui n’ont pas utilisé les outils numériques pour communiquer avec leurs « amis ». Dans le Web, la date de l’information diffusée est celle de l’appareil numérique, soit celui du temps présent, le fameux « real time ». Toute l’information qui circule est fondée sur le temps universel et continu du présent. Est-ce une limite absolue? Peut-on contourner cette limite? 

Questions pour circonscrire ce projet:
– peut-on recevoir un courriel du passé? Oui, j’ai mis la date de mon ordi au 1er avril 1980 et je l’ai reçu normalement! Du futur? Oui, j’ai changé la date pour 2099, et je l’ai reçu dans Gmail, mais la date avait changé pour 1969??? Windows limite changements d’années entre 1980 et 2099.

C’est comme fabriquer de faux courriels. Si on le pouvait à très grande échelle, il serait possible de « bombarder » les boîtes de courriels de lettres anciennes: ce serait du spam historique, auquel on pourrait s’abonner volontairement! 

Dans Google, il faudrait constituer un groupe d’usagers dont certains pourraient être morts. Par exemple, un réseau de correspondants de Jacques Ferron (mort en 1985), dont plusieurs vivent encore et ont des comptes Gmail. Créer le compte J. Ferron pour recréer leur échange épistolaire.

Cela demande de créer un éco-système de communication et d’information antidatés: un espace-temps autre, plus ancien, pour retourner dans le passé comme si on y était. Oui, c’est théoriquement possible. On peut concevoir alors un Web constitué d’espace-temps imbriqués / emboîtés / structurés avec des échanges avec d’autres espace-temps, comme le real time d’aujourd’hui. L’espace-temps « Jacques Ferron » serait divisé en différents territoires et zones: biographique, politique, intellectuel, littéraire. 

Une carte ancienne représente le territoire d’un ancien temps. Sur et dans cette carte, on peut reproduire le circuit des échanges, des amitiés, des relations sociales. Antidater des profils et des communications permettrait de créer des avatars historiques, comme dans les jeux virtuels de simulation, en ligne ou hors ligne. Est-ce que les avatars des joueurs dans les jeux de rôles communiquent entre eux? Ont-ils des réseaux sociaux? Que le jeu se déroule dans le passé (fictif ou non) ou dans le futur, quel moyen de communication dispose les joueurs pour communiquer, établir des relations, etc.?

Ces jeux créent des univers, des espace-temps parallèles, avec leurs propres données spatio-temporels, avec leurs connections ou non à d’autres espace-temps. On peut donc imaginer la création d’un Web « fictif », un double du Web réel, antidaté ou postdaté, avec les mêmes possibilités de communication, d’échanges, de production que le Web réel. Comment? Une application permettrait de choisir son espace-temps (ex. Montréal 1837) et la connexion se fait  avec un « serveur » synchronisé à 1837. Chaque usager pourrait donc interagir en temps réel avec les autres habitants. C’est l’idée d’un « proto-web », d’un web avant le web, à recréer par l’antidatation des informations qu’on produit. Cela prendrait l’équivalent de Google Maps pour le temps: le GoogleTime, et de StreetView, le TimeView.

L’antidation est déjà permise dans la Timeline de Facebook. L’usager peut ajouter des événements, des documents, des photos de sa vie avant Facebook. Donc, pourquoi pas des réseaux fictifs ou historiques à partir de l’utilisation d’applications semblable à celle de FB? Ça permet de faire entrer l’histoire pré-web dans l’économie de l’information du Web. Les commentateurs de la Timeline de Facebook ont raté cette innovation. 
Il y a de nombreux autres espaces-temps narrativisés, dans l’oeuvre de Ferron, de La Comédie humaine de Balzac, dans chacun des grands projets romanesques, etc. À partir de leurs temporalités et de ces géographies fictives, on pourrait identifier l’ensemble de leurs actants/acteurs. Qui vit, où et quand dans les romans? L’univers de la fiction est remplie d’une multitude d’espace-temps dont on pourrait extraire les coordonnées et les actions pour les intégrer dans des espaces-temps numériques parallèles à l’Internet réel.

Organisant ainsi les univers parallèles de la fiction, de la science-fiction, pour les intégrer dans l’univers d’information global, déjà documenté, contenant tous les sous-univers passés, fictifs, futurs.

À suivre