Habitat Yolande Simard – Pierre Perrault

Lieu – maison – bibliothèque: habitat culturel, étagement, ordre et désordre: la vie et la curiosité relient, rassemblent.

Échographie / écographie: écriture et graphie de l’écho des lieux originaires des objets et souvenirs dans leurs lieux d’adoption nouveaux.

Comme dans les emprunts linguistiques, les mots et les expressions continuent d’appartenir à leur langue d’origine (hazard a été emprunté à l’arabe).

Emprunter un objet pour l’apporter chez soi, c’est en partager la signification avec son lieu d’origine.  Comme les dents de narval continuent toujours à appartenir au règne animal, même dans un bungalow urbain. Comme la mosaïque romaine continue à appartenir à Rome, à la cathédrale et à la 2e Guerre, à la vie d’un jeune avocat Canadien-français en visite en Europe…

Dresser une seule liste de tous les objects et artéfacts donnerait un pur chaos; les extraire serait les dé-vitaliser, défaire ce que 50 ans de vie commune a engendré.

Lieu où l’observateur-visiteur se métamorphose en habitant autochtone.

L’hospitalité de YSP comme lieu de cohabitation, augmentée et transformée par la présence de JB: le dialogue devient triple.

De l’entrée à la sortie par la dédicace du premier livre, Portulan de Perrault, à sa femme: Par qui tout commence.

Construction d’un lieu familier et vaste.

Horloge, céramiques, gravures, peintures, vaisselles, photos, livres, meubles, pierres, documents, livres, écrits, non écrits…

Échanges, voyages, sédentaires, chasse, aller-retour, cueillir, chasseur-cueilleur, semeur… Partir revenir, butin, collection, dé-classement, ordre-désordre.

Émigration – immigration

La maison initiatique, entrer et ne plus en re-sortir le même.

Masque, l’épreuve, les maîtres de la connaissance… géo-thèque, strates, navigateur, fleuve…
La transformation: le bouleversement, le choc, la densité de l’expérience humaine, totalité, montée, descendre…

L’émotion de la bibliothèque, de la chaise, du rayonnage Ferron.

La signification du lieu: lire, regrouper, créer, raconter, Furetière, la Flore, Sumer, Michel Serres,

Igloo, hutte, lettré, rustique, végétal, minéral, mots et sémiophores…

Exposition numérique 3

Après Malraux, on peut imaginer aujourd’hui un Musée imaginaire en temps-réel, un peu comme le fait Flickr en publiant en temps réel les dernières photos mises en lignes par les usagers.

Le numérique a l’avantage aussi de permettre de dépasser les contraintes matérielles du format de l’imprimé. Pour les oeuvres d’art, architecture, lieu, en fait pour tous les objets plus petits que le livre, l’imprimé rapetisse, parfois dans des proportions immenses. Comme si pour tous ces objets, le livre était une carte avec une échelle: on peut imaginer calculer l’échelle de reproduction des images, comme en cartographie. La place Saint-Pierre sur une carte postale, cela a quelle échelle? Pour les images, le numérique permet de changer d’échelle, mais à partir du moment où l’objet représenté est plus grand que l’écran ou le livre, sa représentation devient une miniaturisation.

L’imprimé ou le Monde miniaturisé: 1) avantage du livre qui rend la culture et la connaissance portative et accessible 2) limite du livre pour une expérience plus entière, plus complète avec les objets originaux. Le succès d’Imax ne s’explique pas autrement: par l’agrandissement de petits objets, mais aussi par la possibilité d’adopter une échelle de représentation plus près des dimensions des objets représentés.

Donc, le numérique rend possible la création de « livres géants« , totalement surdimensionnés, comme l’a bien montré le Moulin à images de Lepage, à Québec. L’affichage commerciale a compris depuis longtemps la puissance évocatrice et visuelle des grands formats.