Exposition numérique 3

Après Malraux, on peut imaginer aujourd’hui un Musée imaginaire en temps-réel, un peu comme le fait Flickr en publiant en temps réel les dernières photos mises en lignes par les usagers.

Le numérique a l’avantage aussi de permettre de dépasser les contraintes matérielles du format de l’imprimé. Pour les oeuvres d’art, architecture, lieu, en fait pour tous les objets plus petits que le livre, l’imprimé rapetisse, parfois dans des proportions immenses. Comme si pour tous ces objets, le livre était une carte avec une échelle: on peut imaginer calculer l’échelle de reproduction des images, comme en cartographie. La place Saint-Pierre sur une carte postale, cela a quelle échelle? Pour les images, le numérique permet de changer d’échelle, mais à partir du moment où l’objet représenté est plus grand que l’écran ou le livre, sa représentation devient une miniaturisation.

L’imprimé ou le Monde miniaturisé: 1) avantage du livre qui rend la culture et la connaissance portative et accessible 2) limite du livre pour une expérience plus entière, plus complète avec les objets originaux. Le succès d’Imax ne s’explique pas autrement: par l’agrandissement de petits objets, mais aussi par la possibilité d’adopter une échelle de représentation plus près des dimensions des objets représentés.

Donc, le numérique rend possible la création de « livres géants« , totalement surdimensionnés, comme l’a bien montré le Moulin à images de Lepage, à Québec. L’affichage commerciale a compris depuis longtemps la puissance évocatrice et visuelle des grands formats.

Publié par

LGauvreau

Curateur culturel