Idées à développer 1

Quelques autres applications du Web 2.0 serait-il possible de réunir dans une seule méta-application? Comme un monde parallèle, un territoire parallèle, dans l’idée d’un territoire imaginaire de la culture (Malraux)…
Par exemple, ViaMichelin, une application sur le site des guides Michelin, permet de créer des albums de voyages multimédias, d’inviter des amis, de les publier dans Internet.
Commentaire: en fait, plusieurs applications de ce genre, Mon Musée, Ma Bibliothèque, Mon Michelin, Mon Youtube sont a peu près construits sur le même modèle de réseautage, de contribution, de collaboration, de blogue, etc., mais adapté à un univers culturel particulier: voyage, lecture, musée, musique, etc.
On pourrait imaginer un seule super-application qui donne le choix de créer tel ou tel type d’application personnalisée. Pour une bibliothèque, vocabulaire du livre, de l’édition, base de données thématiques. Michelin permet de chercher dans les infos de ses très nombreux guides et de les ajouter à ses propres voyages. On crée ainsi des circuits-parcours, et sans doute puiser dans la banque d’images que d’autres « amis-voyageurs » ont ajouté.
Comme pour Wikipédia, on peut très bien imaginer une version ViaMichelin pour les voyages fictifs, les livres de récits de voyages fictifs.

L’utilisation des applications du web 2.0 est trop tournée vers les contemporains, les usagers réels. C’est normal parce que les contributeurs-collaborateurs doivent être des usagers actifs. Cependant, les usagers réels d’aujourd’hui pourraient se créer des avatars ou mieux, devenir des sortes de parrains-tuteurs au service de personnages fictifs ou des personnages historiques morts pour recréer leur monde à eux, fictifs ou oubliés.
Pourquoi ne pas créer une sorte de programme « d’adoption virtuelle ». Un usager réel d’aujourd’hui adopte-emprunte l’identité d’un être fictif ou mort et travaille à lui donner une réalité numérique.
En ce moment, la dimension participative du web 2.0 encourage un certain narcissisme: on parle de soi, que de soi…

Une observation générale: le transfert numérique de l’imprimé, des archives sonores et visuelles ramène à la « vie », dans l’actualité un quantité immense de documents et d’oeuvres. D’un autre côté, les contemporains d’Internet, surtout les nés-numériques, créent une quantité encore plus grande, plus rapidement de documents de toutes sortes. Facebook contiendrait déjà 5 milliards de photos???

Donc, les productions nées avant l’ère numérique vont représenter une proportionde plus en plus petite dans l’ensemble des documents en ligne. Dans une dizaine d’années, l’univers pré-numérique, même transféré entièrement sur support numérique, va être engloutie, enterrée sous des masses de documents nés numériques. Un contemporain quelconque, né dans l’ère numérique, aura accès à plus d’informations sur lui-même qu’il n’y en aura jamais sur les plus grands personnages de l’histoire pré-numérique.

En ce sens, la numérisation du pré-numérique n’est pas l’équivalent d’une présence, d’une ré-actualisation d’un document ou de la mémoire. Il faut qu’elle s’accompagne d’une entreprise de vivification, d’une re-personnalisation, d’une ré-incarnation en quelque sorte ou, comme le disait Ferron, de « repiquage ». Le mot « virtuel », dans son sens propre de « possibilité », est central. La numérisation donne une possibilité d’existence, une possibilité de lecture, mais n’est ni l’existence et ni la lecture.
La situation des informations à l’intérieur d’une base de données est particulièrement intéressante sur ce plan. C’est uniquement la requête-demande d’un usager qui fait advenir l’information, affiche le document, met en action le clip, démarre la diffusion. Sans sa participation directe, il n’y a rien.

Publié par

LGauvreau

Curateur culturel