Les années avant lumière

C’est l’idée d’une Encyclopédie de l’ignorance adaptée pour l’émission de Yanick Villedieu, les Années-Lumières (Radio-Canada):

Aux savants contents, joyeux et fiers de venir présenter ce qu’ils ont découvert, de venir parler de leurs résultats de recherche, on demande ce qu’ils ignorent, ce qu’ils ignoreront encore dans 5, 10, 20, 50, 100 ans. Un exercice de prospective sur l’ignorance humaine. L’objectif serait aussi de rencontrer des scientifiques au tout premier moment d’une recherche, quand ils balbutient des hypothèses, des peut-être, des je-ne-sais-pas, quand ils commencent à tracer lentement ce qui deviendra un champ de recherche. Ce qu’on entend le plus souvent (toujours?), c’est le parcours de recherche une fois que la recherche est déjà pas mal avancée. Rencontrer des scientifiques au moment où ils savent que leur ignorance est beaucoup plus grande que leurs connaissances.

Objectifs:
– ramener le discours scientifique à sa modeste originelle devant l’univers de la connaissance dont l’immensité nous déborde;
– déstabiliser leurs certitudes, la confiance, l’arrogance, la suffisance intellectuelle qui marque souvent ce discours;
– présenter la démarche scientifique comme une avancée dans l’ignorance qui ouvre des horizons d’ignorance toujours plus grands comme le paysage qui s’agrandit quand on avance à l’extérieur;
– et puis éveiller le sentiment de s’émerveiller devant une chose qu’on ignore qui déclenche éveille le goût de connaître.

L’encyclopédie du rien

Google en donne toujours trop, trop de liens, de pages, d’informations, et trop c’est…
Donc, pourquoi pas une encyclopédie sur ce qu’on ne sait pas, ce qu’on ignore qui, pour un être normalement constitué, devrait être plus grand que ce qu’il sait.

Comment:

– on crée un répertoire des phrases négatives par l’inventaire googlien: « je ne sais pas / I don’t know »
C’est l’encyclopédie de l’ignorance démocratique.
On demande à des experts ce qu’ils ne connaissent pas. S’il cherche, c’est donc dire qu’ils ne connaissent pas certaines choses. C’est l’ignorance élitiste.

Pour les experts ou les spécialistes, on pourrait leur demander:
– ce qu’ils ne savent pas maintenant et qu’ils pensent qu’ils pourront connaître dans 3-5 ans, dans 10-15 ans et ce qui, dans l’état actuel de leur connaissance, prendra le plus de temps à connaître, ce qu’on ne pourra jamais connaître. Et peut-être aussi, ce qu’ils ne voudraient pas savoir parce que…